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Se comprendre pour mieux vivre et rechercher une "réponse tranquille" à Casa

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Journée Mondiale de la Douleur

Hier c’était la « Journée Mondiale de la Douleur » : qu’en savez vous ?

 

30% des français se plaignent plus ou moins régulièrement de maux de tête et pour 3 % d’entre eux, ces maux de tête sont quotidiens. 75 à 85% de cette même population souffrira un jour de sa colonne vertébrale, et les douleurs de celle-ci sont responsables de 12,5% des arrêts maladie. Ces douleurs, considérées comme « banales », ont souvent un retentissement important dans la vie de ceux qui en sont atteints. Près de 60% des malades cancéreux se plaignent de douleurs limitant leurs activités dans deux tiers des cas. Dans les services d’urgences, plus de 80% des sujets sont « douloureux ». Cependant, contrairement à une opinion largement répandue, et qui était vraie il y a encore une vingtaine d’années, la France n ‘est plus en retard dans la prise en charge de la douleur. Les enseignements autour de celle-ci se sont largement répandus dans les Facultés de Médecine et dans les différentes écoles de professionnels de santé (infirmières, kinésithérapeutes, etc..). De nombreuses consultations, unités et centres anti-douleurs existent maintenant dans l’Hexagone. Cependant, des progrès considérables restent à faire pour que l’évaluation et la prise en charge de la douleur soient une priorité pour l’ensemble des soignants et que tout douloureux puisse rencontrer une écoute attentive préalable à une approche thérapeutique efficace.

Afin de donner un éclairage sur cette thématique, nous avons interviewé le Professeur de Neurologie Patrick Henry qui, il a 30 ans, a été un pionnier de la lutte contre la douleur et le fondateur de la première consultation française consacrée aux migraines et céphalées en général. Premier président de la Société Française d’Etude des Migraines et Céphalées (SFEDC), il y a une quinzaine d’années, il est aujourd’hui le président de la Société Européenne des Céphalées.
La semaine dernière il a publié dans la maison d’édition Flamarion-Sciences, le livre intitulé « J’ai mal docteur - comprendre et combattre la douleur », destiné au grand public mais largement recommandé aux médecins…Voici l’interview :


Professeur de neurologie à Bordeaux et ancien président de la Société Française de la Douleur, Patrick Henry a notamment créé, il y a 30 ans, la première consultation française consacrée aux céphalalgiques.

La douleur est un signal primaire d'un mal-être, indépendamment de son étiologie, chez les personnes devenant des « patients » pour les médecins. Pourquoi alors la douleur a-t-elle été si longtemps « méconsidérée » en France, alors que pendant les derniers siècles la France était le pays où la recherche médicale se positionnait en avant-garde ?

Il y a probablement plusieurs réponses possibles : La douleur est un élément subjectif et il est probable que les médecins français, fidèles à l’approche anatomo-clinique, préfèrent s’appuyer sur des signes objectifs plutôt que sur un symptôme subjectif.

Les médecins s’intéressent surtout à la douleur en tant qu’élément utile au diagnostic étiologique. Celui étant fait, ils peuvent avoir tendance à se désintéresser de ce symptôme, en mettant l’accent sur les thérapeutiques à visée étiologique.

Le « bon malade » est celui qui ne se plaint pas trop…


Si la douleur a une base physiologique, elle est aussi, parfois, le résultat de mécanismes relevant du psychisme. Quelle stratégie utiliser alors pour éviter une sur-médication inutile ?

Les mécanismes psychologiques font partie intégrante de la physiologie de la douleur et on connaît de mieux en mieux grâce à l’IRM fonctionnel les structures cérébrales mises en jeu dans les processus émotionnels de la douleur. Il y a bien sûr des composantes anxieuses et dépressives réactionnelles à la douleur, en particulier si elle se chronicise mais il y a aussi des douleurs purement psychogènes. Pour les aborder, il faut non seulement avoir éliminer les causes organiques, mais aussi avoir une capacité d’écoute et de compréhension psychopathologique permettant d’aborder le symptôme douleur dans sa réalité psychique qui a autant d’importance que la réalité physique. Dans certains cas, une approche pluridisciplinaire avec des psychologues ou des psychiatres peut être nécessaire.

D'après les études entreprises jusqu'à présent, il semble que la douleur, ou sa perception, ait une composante socio-culturelle. Ainsi un Japonais ou un ouvrier français du bâtiment ne se plaineraient pas de la même façon devant leurs médecins d'un signal douloureux ?

Il est vrai que l’environnement socioculturel est une composante notable de l’expression de la douleur. Aux Etats-Unis, pays du « melting pot », il a été montré que face à un phénomène douloureux identique, la réactivité à la douleur d’un américain d’origine irlandaise n’était pas la même que celle d’un américain d’origine italienne ou libanaise.

En France, on parle souvent « d’une expressivité méditerranéenne » ; c’est une réalité mais il faut cependant ne pas ériger en dogme ce type d’évaluation par trop subjective.


Pensez-vous que la France soit encore en retard par rapport au traitement de la douleur, et si des lacunes existent, dans quelles spécialités les situeriez-vous ?

La France, qui était nettement en retard il y a une quinzaine d’années, en particulier par rapport aux pays anglo-saxons, a en partie comblé ce retard, même s’il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour mieux évaluer la douleur et mieux adapter les thérapeutiques à notre disposition. A mon sens, le retard, s'il existe, n’est pas propre à telle ou telle spécialité.

Vous venez de publier un livre, destiné au départ au grand public, mais que pourrait être très utile aux médecins comme base de connaissances sur la douleur…

Mon ouvrage, « J’ai mal docteur - comprendre et combattre la douleur », est destiné au grand public. Un des objectifs de ce livre est de fournir aux douloureux, à leur entourage familial, amical, socio-professionnel, un outil leur apportant des informations sur les différentes dimensions de la douleur, sur les thérapeutiques possibles et les aspects particuliers propres à telle ou telle situation. Mieux informé, le patient douloureux pourra ainsi mieux dialoguer avec son médecin et devenir un partenaire actif de son traitement.

Propos recueillis par le Dr Marco Dutra


Références

J'ai mal docteur - Comprendre et combattre la douleur
- Patrick Henry – Flammarion – ISBN : 2082013731

Date de publication : 12-09-2006

 

 

 

Source   http://www.sante.net/

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F
Pas tres facile de vivre avec des douleurs constantes, c'est même tres dur et je sais de quoi je parle...Dans le cadre de ma maladie, la sclérose en plaques je souffre de douleurs neurologiques bien souvent difficile à gèrer...<br /> Bonne journée<br /> Flo
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