Se comprendre pour mieux vivre et rechercher une "réponse tranquille" à Casa
Tant et tant j'en aurai bu, du vin ! que ce parfum de vin
Sortira de la terre quand je serai sous la terre,
Qu'en passant sur ma tombe l'ivrogne à jeun
Tombera frappé de mort par le parfum de mon vin !
Ils disent tous : « Il y aurait, il y a même un enfer ! »
Blablabla ! le cœur ne doit pas s'émouvoir !
Si tous ceux qui font l'amour et qui boivent sont de l'enfer,
Demain le Paradis, comme le creux de ma main, est désert.
Le vin, c'est interdit, c'est vrai ! mais les questions sont celles-ci :
Le buveur, c'est qui ? il boit combien ? comment ? avec qui ?
Pour ces quatre questions s'il y satisfaction,
Alors si l'intelligent ne boit pas, boira qui ?
Khayam ! pour tes péchés pourquoi t'affliger ?
Dans la tristesse, grande ou petite, aucune qualité !
C'est parce qu'on a péché qu'arrive le pardon :
Si personne n'avait péché, il n'existerait pas le pardon !
Puisque tout ce qu'on prend dans la main, c'est du vent,
Puisque tout n'est que ruine, désespoir,
Pense : ce qui est, n'est pas
Et ce qu'on dit n'être pas est là !
Le cœur est une lampe dont la lumière vient d'une jolie !
S'il y trouve de quoi mourir, il y trouve aussi sa vie !
Avec une lampe à huile, puis un papillon de nuit
On devrait éclairer le cœur de qui aime une jolie !
Le jour passé, ne le porte pas en ta mémoire !
Le jour à passer, pas encore arrivé, pour lui pas de désespoir !
L'univers, mal ou bien, il faudra qu'il fasse une fin !
Fais la fête, ne laisse pas en vent s'en aller tes jours !
Les actes, mal ou bien, du genre humain,
Le bien, le mal que nous fait le destin,
Ne viennent pas du ciel, car le ciel est lui-même
Plus impuissant que nous à trouver son chemin. Extrait : Rubayat d'Omar Khayâm. Éditions Gallimard 2005, collection Poésie. Traduit du persan par Armand Robin.
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